Relapse ouvre une nouvelle porte sur PS5. Ce jailbreak public, déjà intégré à des outils communautaires le 29 septembre 2026, vise plusieurs versions du système jusqu’au firmware 13.60. Une annonce qui mérite qu’on s’y arrête, à condition de regarder ce qui fonctionne réellement derrière le mot « jailbreak ».
Entre une console sur laquelle on peut lancer son propre programme et une machine entièrement libérée de toutes ses protections, il y a du chemin. Relapse fait avancer la scène PS5 ; il ne transforme pas toutes les consoles du salon en PC ouverts.
À retenir : la version exacte du firmware compte, la stabilité reste variable et la compatibilité d’un logiciel doit être vérifiée séparément. Cet article présente l’actualité et les sources du projet ; il ne rapporte pas un test réalisé sur ma console.
Relapse : une chaîne d’exploitation devenue publique
Le dépôt de ntfargo décrit deux étapes : une faille dans WebKit, le moteur du navigateur, puis une exploitation du noyau du système. La première permet de sortir du fonctionnement normal de la page ; la seconde donne des possibilités de lecture et d’écriture dans la mémoire du noyau. Le projet comporte ensuite un chargeur de programmes au format ELF.
Les crédits distinguent les contributions de Sonic_Iso, Jordy, ntfargo et ufm42, avec Dr. Yenyen pour les tests. C’est un travail communautaire, dont le code est consultable publiquement, plutôt qu’une simple vidéo promettant une méthode mystérieuse. Source : dépôt Relapse-Exploit et crédits.
Firmware 7.00 à 13.60 : attention aux raccourcis
La plage annoncée est large, mais il faut lire la liste des versions prises en charge. Le dépôt de Sonic_Iso énumère notamment les firmwares 7.00, 7.61, 10.01, 12.00, 12.70 et 13.60. Il signale aussi l’absence des versions 10.60 et 11.40 dans sa liste.
Autrement dit, « entre 7.00 et 13.60 » ne constitue pas une garantie pour chaque version intermédiaire. Les notes de WebKit Autoloader 0.5.2 ajoutent que les firmwares 9.05 et 11.40 utilisent Poops, une autre méthode, car Relapse ne les prend pas en charge dans cet outil.
Les versions supérieures à 13.60 ne sont pas annoncées compatibles dans les dépôts consultés. Il serait donc trompeur de présenter l’annonce comme un jailbreak de toutes les PS5 à jour. Source : versions annoncées par Sonic_Iso. Source : notes de WebKit Autoloader.
Ce que cela ouvre pour les homebrews
Un homebrew est un programme développé en dehors du circuit officiel de la console. L’intérêt d’une telle ouverture est de permettre aux développeurs d’expérimenter avec leur propre code : outils, démonstrations et applications communautaires.
Le chargeur ELF est une brique de cette possibilité. Il faut toutefois distinguer le point d’entrée, le programme chargé et les fonctions dont celui-ci a besoin. Qu’un exploit aboutisse ne suffit pas à garantir qu’un émulateur particulier, un jeu ou un outil fonctionnera.
Pour la même raison, une exploitation du noyau ne prouve pas à elle seule que toutes les couches de protection de la PS5 sont vaincues. Les dépôts cités présentent une chaîne WebKit et noyau ; l’annonce ne doit pas être réécrite comme une ouverture totale de la machine.
Une scène qui avance vite, une stabilité encore à surveiller
Le README de Relapse prévient que le navigateur peut demander plusieurs tentatives et que l’exploitation du noyau peut bloquer ou faire planter la console. Il mentionne aussi des risques de perte de données et de bannissement de compte, sans donner une fréquence permettant de les quantifier.
La première intégration à WebKit Autoloader, datée du 29 septembre, était explicitement présentée comme précoce. Le développeur invitait les utilisateurs disposant déjà d’une méthode fiable sur firmware 7.00–12.00 à envisager de la conserver. La version 0.5.1 a ensuite réintroduit le choix entre Poops et Relapse sur les versions compatibles avec les deux.
Autre détail pratique documenté : Relapse nécessite une interface réseau active, en Wi-Fi ou Ethernet, même sans accès à Internet. Cette condition ne signifie pas qu’il faut se connecter au PlayStation Network. Source : historique des versions de l’autoloader.
Une avancée à suivre sans lui faire dire davantage
Le point intéressant est l’élargissement des possibilités d’expérimentation sur des firmwares relativement récents. Pour les passionnés de homebrew et de recherche sur les consoles, c’est une actualité concrète : du code public, une liste de compatibilité et des outils qui évoluent.
Pour celui qui veut simplement jouer, l’annonce n’a pas le même sens. Elle ne garantit ni un catalogue entièrement compatible, ni une installation sans problème, ni un fonctionnement durable de tous les logiciels communautaires. Le firmware et l’état des outils restent déterminants.
Relapse mérite donc sa place dans l’actualité PS5. La suite se jugera sur des choses mesurables : les versions effectivement prises en charge, la réussite répétée du lancement et les applications qui fonctionnent réellement.
Informations vérifiées le 1er octobre 2026 dans les dépôts et notes de version liés ci-dessus. Illustration de couverture générée par IA ; elle ne représente pas une capture de fonctionnement de Relapse.