Un iPhone qui s’ouvre pour devenir une petite tablette : forcément, ça donne envie de regarder autre chose que la couleur de la coque ou le gain de puissance annuel. Avec l’iPhone Duo, Apple entre enfin dans le monde des smartphones pliables. Les premières personnes qui l’ont manipulé semblent plutôt convaincues. Mais avant de sortir la carte bancaire, il faut remettre ces avis dans leur contexte.
Au 6 octobre 2026, les retours compilés ici sont principalement des prises en main de presse avant commercialisation. Je n’ai pas testé le Duo personnellement. Cette synthèse croise les observations de Numerama, Gadgets 360, Finder et Tom’s Guide avec les informations d’Apple. Elle ne constitue donc ni un test maison ni un bilan après plusieurs mois d’utilisation.
Un lancement encore devant nous
Apple annonce les précommandes françaises le 16 octobre à 14 heures et la disponibilité le 23 octobre, avec un prix de départ de 2 339 € pour 256 Go. À ce tarif, la question dépasse largement le plaisir de découvrir un nouvel objet. Il faut que le grand écran apporte quelque chose dans la vie de tous les jours.
Les démonstrations permettent de juger une charnière, une interface ou la prise en main. Elles ne permettent pas de mesurer sérieusement une journée en 5G, les rayures après un mois dans une poche, ou le coût d’une panne hors garantie. C’est la limite commune des retours disponibles.
L’écran mat fait presque oublier la pliure
C’est le compliment qui revient le plus. Dans sa prise en main à Apple Park, Nicolas Lellouche, de Numerama, insiste sur la lisibilité de l’écran intérieur et explique n’avoir pas réussi à distinguer le pli dans ses conditions d’essai. Il réserve cependant son jugement sur son évolution avec le temps.
Gadgets 360 et Finder décrivent aussi une pliure discrète, sans affirmer qu’elle a disparu. Le point commun est surtout la finition mate : le grand écran devient moins envahi par les reflets. Une pliure peu gênante en démonstration ne prouve pas qu’elle restera invisible sous tous les éclairages.
Tom’s Guide revient sur les vidéos où l’écran paraît délavé de côté. Son analyse invite à distinguer le rendu filmé et l’usage face à la dalle. Ce texte est une réflexion sur le compromis entre reflets et contraste, pas une mesure comparative définitive du Duo.
Le logiciel semble être sa meilleure carte
Dans les premières impressions de Gadgets 360, l’enthousiasme porte surtout sur l’interface : ouvrir une seconde application depuis le dock, la placer à côté de la première, puis revenir au plein écran paraît naturel. Finder apprécie également la continuité du contenu entre l’écran extérieur et l’écran intérieur.
À mon avis, c’est là que le format doit faire ses preuves. Consulter un document tout en répondant à un message, garder une carte à côté d’une réservation, lire sans multiplier les zooms : ce sont des usages concrets. Une belle animation d’ouverture est agréable ; une application qui profite réellement de l’espace l’est beaucoup plus.
Il reste des limites. Gadgets 360 relève des fenêtres en plein écran ou demi-écran, une disposition multitâche qui n’est pas conservée après fermeture dans sa version d’essai, et des commandes concentrées à droite, peu accueillantes pour les gauchers. Ces observations concernent le logiciel essayé avant la sortie : elles devront être revérifiées sur la version commercialisée.
Un bel objet, avec des concessions bien réelles
Mariam Gabaji, chez Finder, a passé trente minutes avec le Duo. Elle apprécie son équilibre et ses angles arrondis, malgré un poids annoncé de 254 grammes. Elle rappelle aussi ses 11,3 mm d’épaisseur fermé : compact ne veut pas automatiquement dire léger ou discret dans toutes les poches.
La photo fait partie des compromis. Numerama souligne l’absence de téléobjectif et de certaines fonctions photo des iPhone 18 Pro. La caméra dissimulée sous l’écran intérieur lui paraît utilisable pendant la démonstration, mais la basse lumière reste une interrogation. Un appareil plus cher n’est donc pas forcément le meilleur choix pour ceux qui achètent d’abord un téléphone pour photographier.
Autre changement à connaître : Apple confirme Touch ID dans le bouton latéral, plutôt que Face ID. La compatibilité Apple Pencil USB-C est annoncée d’ici la fin de l’année : il faut distinguer une fonction prévue d’une fonction disponible au lancement.
Autonomie et réparation : les réponses qui manquent
Apple communique jusqu’à 31 heures de lecture vidéo sur l’écran intérieur. C’est une donnée constructeur, pas un résultat indépendant mêlant navigation, appels, photo et jeu. Aucun des essais courts retenus ici ne permet de transformer cette annonce en garantie d’autonomie quotidienne.
Mon regard de réparateur me pousse aussi à attendre des démontages et des informations concrètes sur les pièces. La charnière, les nappes et la dalle intérieure rendent le sujet particulièrement intéressant. Une impression de solidité en main ne dit pas combien coûtera une réparation, ni comment l’appareil vieillira. Je ne vais pas lui attribuer une réparabilité que je n’ai pas pu vérifier.
Mon avis provisoire : prometteur, mais pas d’achat les yeux fermés
Ces premiers retours dessinent un appareil dont l’écran et l’interface donnent une vraie raison d’exister au format pliable. Les réserves sont tout aussi concrètes : prix, poids, concessions photo et manque de recul. Pour quelqu’un qui veut surtout téléphoner et prendre des photos, le bénéfice du Duo est moins évident que pour celui qui souhaite souvent travailler sur un grand écran.
Personnellement, je trouve cette direction plus intéressante qu’une simple course aux performances. Mais à plus de 2 300 €, j’attendrais des tests complets et je le prendrais en main avant de choisir. Le premier contact semble réussi. Le verdict sur l’usage quotidien et la durée de vie reste à écrire.
Synthèse des sources consultées le 6 octobre 2026. Les constats de presse sont attribués dans le texte ; les opinions à la première personne correspondent à l’analyse éditoriale de BlackFury. Illustration de couverture générée par IA, non contractuelle.