Changer un SSD ou libérer le lecteur système semble être une opération de stockage : quelques centaines de gigaoctets passent de C: à D:, puis les jeux redémarrent. Le piège est de mélanger trois choses différentes : les fichiers installés, les données du lanceur et les sauvegardes de jeu.
Un déplacement peut réussir tout en laissant une progression derrière lui. À l’inverse, une copie de sauvegarde peut être intacte alors que le lanceur refuse de reconnaître l’installation.
Je préfère donc traiter l’opération comme une migration courte : inventorier, sauvegarder ce qui est irremplaçable, utiliser la fonction officielle lorsqu’elle existe, vérifier les fichiers, puis ne supprimer l’ancienne copie qu’après un vrai lancement.
La réponse courte
Pour Steam, la méthode actuelle passe par Paramètres → Stockage : créer ou choisir une bibliothèque sur le disque cible, sélectionner les jeux puis utiliser Déplacer.

Pour Epic Games Launcher, la procédure officielle demande de copier le dossier du jeu, de lancer une nouvelle installation vers la destination, de l’interrompre après le début du téléchargement, de remettre les fichiers copiés puis de reprendre pour déclencher la vérification.
Dans les deux cas :
- fermer le jeu avant toute copie ;
- conserver une sauvegarde séparée des parties importantes ;
- prévoir assez d’espace pour le jeu et une marge ;
- vérifier l’intégrité ou laisser le lanceur contrôler les fichiers ;
- tester le jeu, ses DLC et sa sauvegarde ;
- conserver l’ancienne copie jusqu’à la validation.
Installation, bibliothèque et sauvegarde ne sont pas synonymes
| Élément | Exemple | Peut être retéléchargé ? | Doit être contrôlé séparément ? |
|---|---|---|---|
| fichiers du jeu | exécutables, textures, archives | généralement oui | oui |
| manifeste du lanceur | état installé, chemin, version | recréé ou réparé selon le lanceur | oui |
| sauvegarde locale | progression, profil, choix | parfois non | absolument |
| cloud | copie synchronisée par le service | dépend du jeu et du compte | oui |
| mods | fichiers ajoutés ou remplacés | dépend de la source | oui |
| captures et replays | dossiers du lanceur ou du jeu | souvent non | oui |
Le dossier d’installation peut contenir certaines sauvegardes, mais ce n’est pas une règle. Pour conserver ce qui dépend encore d’un compte ou d’une boutique, mon guide sur la préservation d’un jeu retiré de la vente complète cette vérification.
Définir le résultat attendu
Avant de déplacer quoi que ce soit, je réponds à quatre questions :
- Est-ce un seul jeu, toute une bibliothèque ou le lanceur lui-même ?
- Le disque source restera-t-il dans le PC ?
- Le disque cible est-il interne, externe ou amovible ?
- Le but est-il de gagner de la place, remplacer un support ou préparer une réinstallation ?
Déplacer un jeu avec la fonction du lanceur n’est pas la même opération que déplacer toute l’application Steam. Copier vers un SSD externe que l’on débranche régulièrement ajoute aussi des risques de lettre de lecteur, de performances et de disponibilité.
Steam déconseille l’installation complète du client sur un disque externe en raison de problèmes possibles de performances. Cela n’interdit pas tous les usages, mais invite à ne pas présenter un support amovible comme l’équivalent certain d’un SSD interne.
Préparer le disque cible
Je contrôle :
- l’espace réellement disponible ;
- l’état de santé du support ;
- la connexion physique et l’alimentation ;
- la lettre de lecteur sous Windows ;
- les droits d’écriture du compte utilisé ;
- l’absence d’un dossier homonyme contenant déjà des données utiles ;
- la présence d’un système de fichiers adapté aux fichiers volumineux et aux usages Windows.
La taille annoncée dans la bibliothèque n’est pas toujours la place temporaire nécessaire. Une mise à jour ou une vérification peut créer des fichiers supplémentaires. Garder une marge évite de bloquer la migration à quelques pourcents de la fin.
Je ne formate pas le disque dans le cadre du déplacement. Si un changement de système de fichiers est nécessaire, il devient une opération séparée avec sa propre sauvegarde.
Construire l’inventaire avant la copie
Pour chaque jeu important, je note :
| Champ | Valeur utile |
|---|---|
| lanceur et compte | Steam, Epic, autre compte éventuel |
| nom exact du jeu | éviter de confondre édition ou serveur de test |
| taille installée | estimation de l’espace cible |
| chemin source | bibliothèque et dossier actuels |
| chemin cible | nouvelle bibliothèque prévue |
| sauvegarde | cloud, locale ou les deux |
| extensions | DLC installés et reconnus |
| modifications | mods, traduction, ReShade, outils externes |
| preuve avant | jeu lancé, progression et version notées |
| preuve après | même contrôle après déplacement |
Cette fiche est particulièrement utile lorsqu’un lanceur affiche plusieurs éditions, branches bêta ou contenus optionnels.
Fermer ce qui peut écrire
Avant la copie :
- quitter le jeu ;
- attendre la fin d’une synchronisation cloud ;
- fermer les outils de mods, captures et superposition ;
- arrêter le téléchargement ou la mise à jour en cours ;
- fermer complètement le lanceur si la procédure l’exige ;
- vérifier dans le Gestionnaire des tâches qu’aucun processus du jeu ne reste actif.
Copier un fichier pendant qu’il est modifié peut produire un ensemble incohérent. Le lanceur réparera peut-être les fichiers officiels, mais pas nécessairement un mod, une capture ou une sauvegarde locale.
Sauvegarder d’abord les données irremplaçables
Je ne copie pas tout le disque au hasard. Je sécurise au minimum :
- les sauvegardes locales des jeux prioritaires ;
- les profils et configurations personnalisées ;
- les captures, replays et créations ;
- les dossiers de mods lorsque leur reconstruction serait longue ;
- une liste des mods et de leurs versions ;
- les comptes et moyens de récupération nécessaires.
Steam Cloud ne couvre que les fichiers configurés par l’éditeur du jeu. Le fait qu’un titre utilise Steam ne garantit donc pas que toute la progression ou chaque réglage soit synchronisé.
Je garde cette sauvegarde sur un support différent du disque source et du disque cible. Sinon, une panne pendant la migration détruit le jeu et sa seule copie au même endroit.
Déplacer un jeu avec Steam
La procédure officielle Moving a Steam Installation and Games décrit la fonction de déplacement intégrée :
- ouvrir les paramètres du client Steam ;
- ouvrir l’onglet Stockage ;
- créer une bibliothèque sur le disque cible si elle n’existe pas ;
- sélectionner le lecteur source ;
- sélectionner un ou plusieurs jeux ;
- choisir Déplacer et la bibliothèque cible ;
- attendre la fin de l’opération.
Je commence par un jeu de taille raisonnable et peu critique. Ce pilote permet de vérifier le chemin, les droits et les performances avant d’engager toute la bibliothèque.
Après le déplacement, j’utilise la vérification d’intégrité si le comportement est anormal ou si la copie a été interrompue. Cette vérification restaure les fichiers attendus par Steam ; elle peut aussi remplacer des fichiers officiels modifiés par un mod. La liste des modifications doit donc être conservée.
Déplacer toute l’installation Steam
Déplacer le client lui-même est plus intrusif que déplacer ses jeux entre bibliothèques. Steam fournit une procédure spécifique qui conserve notamment steamapps et userdata, puis relance le client depuis le nouvel emplacement.
Je privilégie les bibliothèques de stockage lorsque le seul but est de déplacer des jeux. La migration complète du client doit avoir :
- une copie de sauvegarde de
steamapps; - les identifiants et moyens de récupération du compte ;
- le client complètement fermé ;
- un chemin cible vide et clair ;
- un retour arrière documenté ;
- un contrôle de l’intégrité des jeux après reconnexion.
Je suis la page Steam à la date de l’opération plutôt qu’une ancienne capture, car l’interface et les dossiers conservés peuvent évoluer.
Déplacer un jeu Epic Games
La procédure officielle d’Epic Games repose sur une copie de sécurité et une nouvelle installation contrôlée :
- copier le dossier du jeu vers un emplacement de sauvegarde ;
- désinstaller le jeu depuis la bibliothèque Epic ;
- relancer l’installation vers le nouveau répertoire ;
- laisser commencer le téléchargement ;
- l’annuler après quelques pourcents ;
- copier les fichiers sauvegardés dans le nouveau dossier ;
- reprendre l’installation pour que le lanceur vérifie les données ;
- lancer le jeu après la validation.
Cette séquence comporte une désinstallation. Je ne la démarre pas tant que la copie du dossier n’est pas terminée et vérifiée.
Epic propose aussi un réglage du répertoire d’installation par défaut pour les futurs téléchargements. Changer ce défaut ne déplace pas automatiquement les jeux déjà présents.
Contrôler une grande copie
La taille totale et le nombre de fichiers constituent un premier repère, pas une preuve parfaite. Pour un dossier important, je peux conserver :
- la taille et le nombre de fichiers avant et après ;
- le journal du logiciel de copie s’il en fournit un ;
- la somme de contrôle de quelques gros fichiers représentatifs ;
- la liste des erreurs ou fichiers ignorés.
Sous Windows, Get-FileHash calcule une empreinte d’un fichier. Deux empreintes identiques avec le même algorithme montrent que les deux fichiers comparés ont les mêmes octets. Cela ne prouve pas que tous les fichiers nécessaires ont été sélectionnés.
Tester avant de supprimer l’ancienne copie
Le contrôle final se fait par étapes :
- le lanceur affiche le jeu comme installé sur le bon disque ;
- aucun téléchargement complet inattendu ne démarre ;
- le jeu arrive au menu ;
- une sauvegarde connue apparaît ;
- un chargement puis une sauvegarde de test fonctionnent ;
- les DLC attendus sont reconnus ;
- les mods indispensables sont présents ou volontairement réinstallés ;
- le jeu redémarre après fermeture du lanceur ;
- le disque cible conserve une marge libre suffisante.
Je ne joue pas plusieurs heures avant d’avoir confirmé quelle version de la sauvegarde est active. Une synchronisation cloud pourrait ensuite propager un mauvais choix.
Prévoir le retour arrière
La stratégie la plus simple consiste à ne pas détruire tout de suite la source :
- conserver le dossier copié jusqu’au second lancement réussi ;
- ne pas réutiliser immédiatement tout l’espace libéré ;
- noter les chemins avant et après ;
- garder les sauvegardes locales en dehors des deux bibliothèques ;
- conserver le journal des fichiers manquants ou retéléchargés.
Si le lanceur ne reconnaît pas le jeu, je reviens à l’étape officielle. Je ne télécharge pas un outil inconnu qui promet de « réparer toutes les bibliothèques » : les fonctions de réparation et de déplacement du lanceur restent la voie la plus sûre.
Les cas qui demandent une méthode séparée
- jeux Microsoft Store ou Xbox app ;
- jeux installés par un gestionnaire de mods ;
- titres avec anti-triche ou lanceur secondaire ;
- MMO dont les captures et profils sont stockés ailleurs ;
- jeux avec serveur local ;
- bibliothèques sur NAS ou partage réseau ;
- disque chiffré ou compte Windows différent ;
- changement simultané de Windows et de matériel.
Je ne généralise pas la méthode Steam ou Epic à ces cas. Chaque plateforme doit être vérifiée sur sa documentation actuelle.
Le verdict BlackFury
Déplacer un jeu est simple lorsque l’on sait exactement ce qui est déplacé. Les fichiers installés font gagner du temps de téléchargement. Les sauvegardes, profils et créations protègent le temps déjà passé dans le jeu. Ce ne sont pas les mêmes données.
Je commence par un titre pilote, j’utilise la fonction officielle, je garde une copie de retour et je valide une partie connue. Une migration réussie ne se mesure pas au nombre de gigaoctets copiés, mais au jeu qui redémarre avec les bonnes données sur le bon disque.
Sources officielles consultées
- Steam Support — déplacer une installation Steam et des jeux
- Valve — documentation Steam Cloud
- Epic Games Support — déplacer un jeu installé vers un autre répertoire
- Epic Games Support — changer le dossier d’installation par défaut
- Microsoft Learn — Get-FileHash