
Note de mise à jour — août 2026. Le premier article utilisait
lxrun.exe, une commande de la toute première génération de Bash sous Windows. Microsoft classe désormaislxrun,bashetwslconfig.exeparmi les commandes WSL dépréciées. Ce guide les remplace par les méthodes actuelles et distingue bien trois notions souvent confondues : l’utilisateur Linux, la distribution Linux par défaut et la version WSL 1 ou WSL 2.
Dans le premier article BlackFury consacré à l’utilisateur par défaut de Bash sous Windows 10, j’avais découvert WSL avec un peu trop d’enthousiasme. Lors de la première configuration d’Ubuntu, j’avais saisi mon mot de passe à la place du nom d’utilisateur. Le résultat était aussi absurde que gênant : ce mot apparaissait comme identifiant dès l’ouverture de Bash.
La commande lxrun.exe /setdefaultuser permettait alors de corriger le problème. Elle n’est plus la bonne solution aujourd’hui. WSL a beaucoup évolué, plusieurs distributions peuvent cohabiter et une distribution importée ne se configure pas toujours comme une application Ubuntu installée depuis le Microsoft Store.
Voici donc une méthode actuelle, vérifiable et surtout réversible.
La réponse courte
Pour ouvrir ponctuellement une distribution avec un utilisateur précis, lancez PowerShell ou l’Invite de commandes et saisissez :
wsl --distribution <NomDistribution> --user <NomUtilisateur>
Exemple :
wsl --distribution Ubuntu --user alice
Pour rendre cet utilisateur permanent sur une distribution Ubuntu installée avec son lanceur :
ubuntu config --default-user alice
Pour une distribution importée, ou lorsqu’aucun lanceur de ce type n’est disponible, définissez plutôt l’utilisateur dans /etc/wsl.conf :
[user]
default=alice
L’utilisateur doit déjà exister dans la distribution. Après une modification de wsl.conf, terminez la distribution puis relancez-la :
wsl --terminate Ubuntu
Contrôlez enfin le résultat :
wsl --distribution Ubuntu -- whoami
Remplacez toujours Ubuntu et alice par les noms réellement présents sur votre machine.
Avant de changer quoi que ce soit : identifier le bon problème
WSL possède plusieurs réglages portant le mot « défaut ». Ils n’agissent pas au même endroit.
| Ce que vous voulez changer | Commande ou fichier concerné |
|---|---|
| l’utilisateur Linux ouvert dans une distribution | lanceur ubuntu config --default-user ou /etc/wsl.conf |
la distribution choisie quand vous tapez seulement wsl |
wsl --set-default <Distribution> |
| WSL 1 ou WSL 2 pour les prochaines installations | wsl --set-default-version 2 |
| WSL 1 ou WSL 2 pour une distribution existante | wsl --set-version <Distribution> 2 |
| le profil ouvert par défaut dans Windows Terminal | réglage de démarrage de Windows Terminal |
Changer la distribution par défaut ne change pas l’utilisateur de cette distribution. Modifier l’utilisateur WSL ne convertit pas non plus WSL 1 en WSL 2.
Étape 1 : faire l’inventaire de WSL
Ouvrez PowerShell ou Terminal Windows. Les commandes de diagnostic ci-dessous ne nécessitent normalement pas de fenêtre administrateur.
Lister les distributions installées
wsl --list --verbose
La forme courte est :
wsl -l -v
Vous obtenez le nom exact de chaque distribution, son état et sa version WSL. L’astérisque désigne la distribution choisie par défaut.
Exemple fictif :
NAME STATE VERSION
* Ubuntu Stopped 2
Debian Stopped 2
Recopiez le nom sans le modifier. Si le nom contient un espace, placez-le entre guillemets dans les commandes suivantes.
Vérifier l’état et la version de WSL
wsl --status
wsl --version
wsl --status indique notamment la distribution et la version choisies par défaut. wsl --version affiche la version du composant WSL et de son noyau lorsque la version moderne de WSL est installée.
Si wsl --version n’est pas reconnu, ne supposez pas que toute l’installation est cassée. Microsoft indique que cela peut signaler une ancienne version « intégrée à Windows » de WSL. Vérifiez d’abord wsl --help et la documentation correspondant à votre version.
Afficher l’utilisateur actuellement lancé
wsl --distribution Ubuntu -- whoami
Vous pouvez compléter avec :
wsl --distribution Ubuntu -- id
wsl --distribution Ubuntu -- pwd
whoami renvoie le nom du compte. id affiche son identifiant et ses groupes. pwd permet de vérifier le répertoire de départ réellement utilisé.
Étape 2 : vérifier que le nouvel utilisateur existe
L’utilisateur choisi doit exister dans la distribution concernée. Un compte Windows nommé alice ne crée pas automatiquement un compte Linux alice.
Pour vérifier un compte :
wsl --distribution Ubuntu -- id alice
Si la commande affiche un UID, un GID et des groupes, le compte existe. Si elle répond que l’utilisateur est inconnu, ne le définissez pas encore par défaut.
Les comptes Linux sont propres à chaque distribution. alice peut exister dans Ubuntu sans exister dans Debian, même si les deux distributions appartiennent au même compte Windows.
Créer un compte seulement si nécessaire
Sur Ubuntu et les distributions basées sur Debian, ouvrez ponctuellement la distribution comme root :
wsl --distribution Ubuntu --user root
Puis, dans le terminal Linux :
adduser alice
Suivez les questions affichées. Si ce compte doit pouvoir administrer Ubuntu avec sudo, ajoutez-le ensuite au groupe prévu par la distribution :
adduser alice sudo
Contrôlez le résultat avant de quitter :
id alice
getent passwd alice
Ces commandes de création sont adaptées à Ubuntu et Debian. D’autres distributions utilisent parfois un autre outil ou un autre groupe d’administration. Ne copiez pas mécaniquement sudo sur Alpine, Fedora, openSUSE ou une image personnalisée sans lire leur documentation.
Méthode A : utiliser le lanceur de la distribution
Microsoft documente la syntaxe suivante pour une distribution disposant de son lanceur :
<DistributionName> config --default-user <Username>
Avec Ubuntu et un utilisateur nommé alice :
ubuntu config --default-user alice
Cette commande ne se lance pas depuis Bash. Exécutez-la dans PowerShell ou dans l’Invite de commandes Windows.
Trouver le nom du lanceur
Le nom vu dans wsl -l -v et le nom de l’exécutable ne sont pas toujours identiques. Selon le paquet installé, le lanceur peut s’appeler ubuntu.exe, debian.exe ou porter une version dans son nom.
Pour chercher les lanceurs Ubuntu visibles par PowerShell :
Get-Command ubuntu*.exe
Pour Debian :
Get-Command debian*.exe
N’inventez pas un nom d’exécutable à partir du libellé de la distribution. Si aucun lanceur n’est trouvé, utilisez la méthode /etc/wsl.conf décrite plus bas.
Vérifier immédiatement
Fermez les fenêtres de cette distribution, puis exécutez :
wsl --terminate Ubuntu
wsl --distribution Ubuntu -- whoami
La seconde commande doit afficher le nouvel utilisateur.
Méthode B : modifier /etc/wsl.conf
Cette méthode est indispensable pour une distribution importée avec wsl --import, car ce type de distribution ne possède pas nécessairement de lanceur capable d’accepter config --default-user.
Le fichier /etc/wsl.conf règle une distribution précise. Il ne faut pas le confondre avec %UserProfile%\.wslconfig, qui applique des réglages globaux à la machine virtuelle WSL 2.
1. Ouvrir la bonne distribution comme root
Depuis PowerShell :
wsl --distribution Ubuntu --user root
L’option --user root est temporaire. Elle ne transforme pas encore root en utilisateur permanent.
2. Sauvegarder la configuration existante
Dans le terminal Linux :
if [ -f /etc/wsl.conf ]; then cp /etc/wsl.conf /etc/wsl.conf.blackfury-backup; fi
Affichez ensuite son contenu :
cat /etc/wsl.conf
Le fichier peut déjà contenir des sections comme [automount], [network], [interop] ou [boot]. Il faut les conserver.
3. Ajouter ou corriger la section [user]
Ouvrez le fichier avec l’éditeur disponible dans la distribution, par exemple :
nano /etc/wsl.conf
Ajoutez :
[user]
default=alice
S’il existe déjà une section [user], modifiez sa ligne default= au lieu de créer une deuxième section. Vérifiez aussi l’orthographe et la casse du nom avec id alice.
Enregistrez, puis quittez la distribution :
exit
4. Redémarrer proprement la distribution
Depuis PowerShell :
wsl --terminate Ubuntu
Cette commande arrête uniquement la distribution désignée. Si vous préférez redémarrer tout WSL :
wsl --shutdown
Attention : wsl --shutdown arrête toutes les distributions en cours et les processus qu’elles hébergent. Ne l’utilisez pas pendant une compilation, un serveur local, un conteneur ou une tâche non enregistrée.
Microsoft précise qu’une configuration modifiée n’est pas toujours relue dès la fermeture du terminal, car le sous-système peut continuer à tourner quelques secondes. --terminate ou --shutdown évite cette ambiguïté.
5. Contrôler la nouvelle session
wsl --distribution Ubuntu -- whoami
wsl --distribution Ubuntu -- pwd
wsl --distribution Ubuntu -- id
Le nom doit être correct, le répertoire de départ doit normalement être celui de l’utilisateur et ses groupes doivent correspondre aux droits attendus.
Ouvrir temporairement WSL avec un autre utilisateur
Il n’est pas toujours nécessaire de modifier le réglage permanent. Pour une opération ponctuelle :
wsl --distribution Ubuntu --user alice
Pour ouvrir temporairement une session root :
wsl --distribution Ubuntu --user root
Quittez-la dès l’opération terminée avec :
exit
Garder un compte ordinaire comme utilisateur par défaut limite les erreurs. Utilisez sudo pour les tâches administratives prévues par la distribution, plutôt que de travailler constamment en root.
Cas particulier : mot de passe Linux oublié
Le mot de passe Linux n’est pas nécessairement le mot de passe Windows. Il est propre au compte et à la distribution.
Pour la distribution par défaut, Microsoft propose d’ouvrir une session root depuis PowerShell :
wsl --user root
Pour cibler une autre distribution :
wsl --distribution Ubuntu --user root
Dans Linux, réinitialisez ensuite le mot de passe du compte concerné :
passwd alice
Saisissez le nouveau mot de passe deux fois, puis quittez :
exit
Quand Linux demande un mot de passe dans un terminal, aucun caractère ni astérisque ne s’affiche généralement pendant la saisie. C’est normal.
Cas particulier : un mot de passe a été saisi comme nom d’utilisateur
Changer l’utilisateur par défaut corrige l’ouverture de WSL, mais ne supprime pas l’ancien compte et n’efface pas son nom des fichiers ou de l’historique du système.
Si la chaîne utilisée était un vrai mot de passe :
- considérez-la comme exposée ;
- changez-la sur chaque service où elle a été réutilisée ;
- créez ou choisissez un compte Linux au nom normal ;
- vérifiez les fichiers appartenant à l’ancien compte avant toute suppression ;
- évitez de publier une capture montrant l’ancien identifiant.
Ne supprimez pas immédiatement le compte fautif. Des fichiers peuvent lui appartenir dans son répertoire personnel ou ailleurs. La migration des données et la suppression du compte méritent une sauvegarde et un contrôle séparés.
Si la modification ne fonctionne pas
« L’utilisateur n’existe pas »
Vérifiez-le dans la bonne distribution :
wsl --distribution Ubuntu -- id alice
Un utilisateur présent dans Debian n’existe pas automatiquement dans Ubuntu.
Le mauvais Ubuntu est modifié
Listez les noms exacts :
wsl --list --verbose
Une machine peut contenir plusieurs éditions ou plusieurs imports. Ciblez explicitement la distribution à chaque étape.
ubuntu config --default-user échoue
Assurez-vous que ubuntu.exe correspond réellement à la distribution visée. La commande par lanceur ne fonctionne pas pour une distribution importée ; passez alors par /etc/wsl.conf.
WSL ouvre toujours l’ancien compte
Contrôlez d’abord que /etc/wsl.conf contient une seule section [user] et que le nom existe. Terminez ensuite la distribution :
wsl --terminate Ubuntu
Puis relancez le contrôle avec whoami.
Windows Terminal semble ignorer le changement
Vérifiez la ligne de commande du profil Windows Terminal. Un profil peut imposer une distribution ou un utilisateur avec ses propres arguments. Testez d’abord la commande directement dans PowerShell pour séparer un problème WSL d’un problème de profil Terminal.
Le compte s’ouvre, mais sudo refuse l’accès
Être utilisateur par défaut ne donne pas automatiquement les droits d’administration. Vérifiez les groupes :
id
Sur Ubuntu, le compte initial appartient normalement au groupe sudo. Pour un nouveau compte, décidez explicitement s’il doit recevoir ce droit. Ne rendez pas chaque utilisateur administrateur par réflexe.
Le répertoire personnel n’est pas le bon
Contrôlez l’entrée du compte :
getent passwd alice
Puis :
echo "$HOME"
pwd
ls -ld "$HOME"
Ne lancez pas un chown -R aveugle sur un gros répertoire. Identifiez d’abord le propriétaire attendu, les fichiers concernés et les éventuels services qui les utilisent.
Revenir à l’ancien utilisateur
La modification est réversible. Avec le lanceur :
ubuntu config --default-user ancien_utilisateur
Avec /etc/wsl.conf, remplacez simplement :
[user]
default=alice
par le nom précédent, puis terminez la distribution avec wsl --terminate.
Si vous avez créé une sauvegarde du fichier :
cp /etc/wsl.conf.blackfury-backup /etc/wsl.conf
Ne confondez jamais ce retour arrière avec :
wsl --unregister Ubuntu
wsl --unregister désinscrit la distribution et supprime définitivement ses données, ses réglages et ses logiciels. Cette commande n’est pas une méthode de dépannage pour un simple problème d’utilisateur.
Checklist avant de fermer le dossier
- le nom exact de la distribution a été copié depuis
wsl -l -v; - le nouvel utilisateur existe dans cette distribution ;
- son répertoire personnel et ses groupes ont été vérifiés ;
- l’ancien
/etc/wsl.confa été sauvegardé s’il existait ; - la distribution a été terminée puis relancée ;
-
whoami,pwdetidrenvoient le résultat attendu ; - aucun compte ni fichier n’a été supprimé dans la précipitation ;
- une chaîne utilisée par erreur comme identifiant a été traitée comme un secret exposé.
Ce qu’il faut retenir
L’ancienne commande lxrun.exe /setdefaultuser appartient à la première époque de Bash sous Windows. Avec WSL actuel, commencez par identifier précisément la distribution et le compte, testez l’utilisateur avec wsl --distribution ... --user ..., puis rendez le choix permanent avec le lanceur de la distribution ou avec /etc/wsl.conf.
La règle la plus importante est simple : ne réinstallez pas et ne désinscrivez pas une distribution pour corriger un nom d’utilisateur. Dans la plupart des cas, quelques commandes de diagnostic et une modification ciblée suffisent.
Pour retrouver les autres procédures de maintenance Windows du site, consultez l’index BlackFury Helper, en vérifiant toujours la date et la version du système concerné.
Sources officielles
- Microsoft Learn — Commandes de base pour WSL
- Microsoft Learn — Configuration des paramètres avancés dans WSL
- Microsoft Learn — Configurer un environnement de développement WSL
- Ubuntu Server — Gestion des utilisateurs